mercredi 14 décembre 2011

Il est bientôt l'heure...

...bientôt il fera 2 ans pile poil que je me suis trouvée aux urgences de l'hôpital Ixelles avec un infarctus que personne (du corps médical) voulait croire. Il est temps qu'enfin je me mette aux plumes pour dire à l'hôpital ce que je pense, de mettre de côté mes angoisses (l'entraînement est là, mais est-ce que cela va tenir, sans coach et donc sans stress sans arythmies sans insomnies?). Cela doit tenir, parce que c'était déjà trop de laisser trainer cela, combien de femmes se sont éteintes dans cette salle d'urgences depuis, et surtout combien de femmes vont s'y éteindre par la suite si je ne me rassemble pas les couilles (vous voyez bien sûr l'image bien distincte) pour dire ce qu'il faut dire. Je rêve depuis 2 ans de comment je vais les massacrer intellectuellement, mais ils me font toujours peur, ces bureaucrates médicaux pire que de là d'où je viens, ceux qui ne voient rien, ceux dont les yeux sont vides, ceux qui ne veulent rien voir, celles qui crient pour vous gronder comme un enfant (mais enfin, j'ai plus de 50 ans!), respirez, respirez, respirez bon sang (c'est impossible avec un infarctus, mais les infirmières ne veulent pas savoir cela), celles qui croient que toute femme de 50 ans est hysterique et ne demande pas mieux que des tranquilisants. Ces tranquilisants qui ne font qu'on ne peut plus réagir, qui ont fait que mes plaidoyers dieu sait qu'ils étaient insistants, se sont arrêtés, qui m'ont enveloppée d'un nuage gris, bien que mon coeur faisait toujours aussi mal en-dessous du nuage, qui m'ont fait accepter le grand rocher imaginaire qui m'écrasait la poitrine comme  quelque chose de naturel...J'aimerais qu'ils consultent leur bouquins avant de croire un ambulancier qui lance á la salle - comme à la criée au marché - voilà une femme 50 ans, ce sont les nerfs (ce qui comme à la criée voulait dire aux médecins, restez tranquilles, il n'y a pas de feu, vous n'avez pas d'autres poissons, clients, patients, mais cela n'est pas une raison pour vous occuper de celle-là...). Mais je vous assure, même si j'ai peur - peur, pas des autres, mais peur de la manque de force de mon coeur - cette lettre là je vais l'écrire au directeur de l'hôpital, et il partira demain, j'ai trop trainé déjà, cela a peut-être eu des conséquences pour d'autres femmes....